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Conférence de Jacques B. Gélinas
--> Sociologue
SONDAGE : Croyez-vous en l'existence du virage à droite des politiques nord-américaines ?

Oui : 50%
Non : 0%
Je n'ai pas d'opinion sur ce sujet : 50%
Nombre de votants: 6

Du Jeudi 29 Janvier 2004, 19:59 au Samedi 28 Février 2004, 19:59.
Le site Internet de l'UFP (union des forces progressistes), annonçait dernièrement la conférence de Jacques B. Gélinas, sociologue et auteur du livre Le virage à droite des élites politiques québécoises.

La conférence, tout comme le livre de Mr. Gélinas, met en lumière le virage à droite du PQ qui se disait fermement un parti de centre gauche, du PLQ, que l’on croyait libéral alors qu’il se révèle, selon le sociologue, néolibéral, ainsi que le parti de l’ADQ qui, même s'il se dit innovateur, ne fait que traduire en termes populistes le credo néolibéral. Ainsi, Mr. Gélinas soulève des questions fondamentales et actuelles: notre système politique a-t-il épuisé son potentiel démocratique? Y a-t-il des alternatives?

Vous pouvez visiter le site de l'UFP pour vous faire une meilleure opinion.
Ecrit par GabTJ, le Jeudi 29 Janvier 2004, 19:59 dans la rubrique Conférences.

Commentaires :

ltrepan
ltrepan
06-02-04 à 22:51

Néolibéral?

Je ne comprends pas le terme «Néolibéral». J'aurais plutôt dit «conservateur»...

 
GuillaumeR
GuillaumeR
08-02-04 à 23:43

Re: Néolibéral?

Bon, Gab m'a proposé de répondre à cette question, alors je ferai mon pédant avec grand plaisir!

Réponse courte: La vision que sous-entend l'oeuvre de Jean Charest est à la fois néolibérale et conservatrice. L'un et l'autre peuvent la décrire.

Réponse longue:

"Conservateur" est une désignation relative. Il signifie, au sens propre, de vouloir que les choses restent en l'état, ou retournent à leur état antérieur. Dans l'Europe du XIXe siècle, par exemple, un conservateur signifiait un partisan des traditions (monarchiste, chrétien, etc.). Ceux-ci s'opposaient à deux autres grands groupes - les libéraux (bourgeois) et les socialistes. Les libéraux prônaient le laisser-faire économique et le libre-échange, de même que la non-intrusion de l'État dans les affaires personnelles des gens (par exemple, la consommation de drogues).

Le monde occidental de la fin du XIXe siècle et du début XXe a une économie fortement influencée par les principes libéraux, surtout à l'intérieur des pays (pour le commerce entre pays, les choses étaient un peu différentes). L'économie libérale, c'est le capitalisme sans limites.

La révolution bolchévique de Russie créa une économie radicalement différente, centralisée et planifiée par l'État. Après la Crise économique des années 30, la remarquable résilience de l'économie soviétique (alors autarcique) et les idées de John Maynard Keynes résultèrent en l'adoption d'un intervensionnisme modéré de l'État en matière d'économie, qui se généralisa après la seconde guerre mondiale. C'est le modèle à tendance sociale-démocrate, qui s'est développé et qui est grosso modo toujours en vigueur aujourd'hui.

Pour en arriver au point principal. Qu'est-ce que la pensée néolibérale? C'est une réactualisation des principes libéraux d'avant-crise, à des degrés divers. Très rares sont ceux qui ne reconnaissent aucune vertu à l'intervention de l'État, mais les néolibéraux désireront tout de même la diminuer, la réorganiser, laisser plus de place au privé. Le néolibéralisme est essentiellement économique.

Quant au conservatisme, nous l'avons dit, c'est relatif. Lors du passage à l'économie socio-démocrate, les conservateurs devinrent ceux qui restèrent attachés aux principes libéraux. Aujourd'hui, les néolibéraux se situent également dans la mouvance conservatrice, puisqu'ils veulent retourner en partie les choses à leur état antérieur.

Si je crois bien que M. Gélinas réferrait surtout aux dimensions économiques du débat gauche/droite, . Par ailleurs, le conservatisme peut aussi être social. C'est alors l'hésitation face à l'acceptation de l'homosexualité, l'insistance sur l'autorité parentale, etc. Jean Charest en manifeste aussi certains traits, avec beaucoup de modération.

Eh bien voilà, désolé si j'ai répété plein de choses que vous saviez déjà...

 
ltrepan
ltrepan
09-02-04 à 19:17

Re: Re: Néolibéral?

Mille mercis, monsieur GuillaumeT. Vos explications sont fort intéressantes et instructives. J'ai néanmoins encore senti le besoin d'approfondir le sujet, et je suis tombée, au cours de mes recherches, sur ce texte intitulé NÉOLIBÉRAL, LIBERTAIRE OU LIBERTARIEN? que je propose à tous ceux qui, comme moi, se questionnent sur le sens des mots...

 
GuillaumeR
GuillaumeR
10-02-04 à 02:03

Re: Re: Re: Néolibéral?

Pour continuer dans la pédanterie, mais en exprimant une opinion cette fois:

Ah, ces amis libertariens... assez spéciale, leur philosophie. Combine une extrême méfiance envers l'État à une extrême naïveté envers le marché, tout en s'imaginant que tous les gens font des choix rationnels, et que toute action politique est motivée par des intérêts particuliers. Que l'intérêt commun est inexistant.
Philosophie aisément instrumentalisée par les gros acteurs économico-politiques que sont les grosses compagnies, désirant bien sûr affaiblir l'État pour ne plus avoir de rivaux. Quoi que quand ils le peuvent, asservir l'État leur sied tout autant - voir la politique actuelle de George W. Bush...

Ceci dit, leur analyse offre un angle intéressant, mais est toujours selon moi à prendre avec un (gros) grain de sel.

 
prof-marjo
prof-marjo
10-02-04 à 15:05

Néolibéralisme...critique de M.Claude Ryan

Un testament politique - L'autorité politique et le service du bien commun Claude Ryan

Extrait d'un article dans le Devoir, aujord'hui 10 février 2004


"Si séduisante qu'elle soit pour certains, l'approche néo-libérale du rôle de l'État est défectueuse à deux points de vue. Elle tend d'abord à mesurer la valeur des services rendus par l'État en fonction de critère trop exclusivement axés sur la rentabilité économique. Or, un gouvernement doit certes assurer la bonne marche de la vie économique et donner lui-même l'exemple d'une performance conforme aux lois de l'économie. Mais il n'existe pas pour des raisons exclusivement économiques. Il lui incombe aussi de veiller à ce que des valeurs comme la dignité et les droits de la personne, la justice, l'égalité des chances, le respect des droits minoritaires, soient respectées et promues. Cela ne saurait se faire en fonction de critères exclusivement économiques. [...]

L'approche néo-libérale tend en outre à idéaliser au-delà de toute mesure les vertus de l'entreprise privée. En raison de son enracinement dans les droits inaliénables de la personne et de ses indéniables qualités, celle-ci doit être le moteur de la vie économique dans une société démocratique. Mais nonobstant son rôle irremplaçable, elle a aussi des limites qu'on ne saurait ignorer dans les recherches d'un nouveau partage des tâches entre le public et le privé. Les nombreux cas de gaspillage et d'abus de pouvoir survenus dans des entreprises longtemps citées comme exemple de réussite ont permis de constater que la recherche légitime du profit y dégénérait souvent en une poursuite effrénée et sans scrupule de l'enrichissement personnel des dirigeants au détriment du bien de l'entreprise et de ses actionnaires et clients et parfois même au mépris des lois et du bien général."

 


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